Si, en 1985, j’étais né à Tokyo…

Si, en 1985, j’étais né à Tokyo, ma journée commencerait certainement à 6h00 du matin. Comme la plupart des japonais qui vivent avec moi, je passerais une bonne vingtaine de minutes sous la douche. Une fois mes pâtes avalées, hé oui matin ne rime pas avec café, je prendrais le métro pour un trajet d’une heure durant lequel je terminerais ma nuit.

Pour en arriver là, pendant 4 ans j’aurais étudié à l’université: la sociologie, l’histoire de l’art, la philosophie, ou les sciences. Tout ça pour terminer dans une banque. Le travail du japonais n’a pas souvent de rapport avec ce qu’il a étudié. Ma formation universitaire aurait coûté environ 40000€, mais la renommée de l’université importe plus que le cursus.

J’aurais également pu devenir un de ces freeters (de l’anglais free et de l’allemand arbeiter, désignant ici ceux qui font des petits boulots, des jeunes en situation précaire), ou également un neet (Not in Education, Employment or Training). Mais ma famille aurait certainement exercé une forte pression sur moi et fait d’énormes sacrifices pour que je puisse faire partie de l’élite, encore plus qu’en France, l’argent est la clef !

Installé dans le bureau de ma triste banque, vêtu d’un pantalon noir et d’une chemise blanche, à me courber sans cesse devant mes supérieurs. Certains jours, en tapotant sur le clavier de mon ordinateur, comme un jeune sur quatre, j’aurais certainement pensé au suicide, en m’interrogeant sur le sens de la vie.

Une fois ma journée de travail terminée, j’irais certainement vider quelques bières avec mes collègues ( que je vois déjà de 8h à 20h), et refaire le monde de la finance. Je ne pourrais surtout pas débattre et parler politique, cela serait mal vu.

Sur le chemin du retour, je profiterais à nouveau du trajet pour commencer ma nuit. Une fois chez moi, je me retrouverais seul, de toute façon je ne suis pas à l’aise avec les filles, je n’arrive pas à leur parler. Dans le fond je suis peut-être "herbivore".

Peu importe l’endroit où j’aurais pu naître, l’essentiel est de toujours prendre la vie du bon côté…

Débridez-vous qu’ils disaient

Chaque premier samedi du mois, aux alentours de minuit, a lieu la soirée du Department-H 2099. L’une des soirées fétichistes les plus populaires de Tokyo. Le spectacle commence dès le combini (magasin ouvert 24h/24) du coin. Trans, trav, SM, et curieux font la queue au magasin pour s’acheter quelques bières et autres boissons car l’alcool n’est pas vendu pendant la soirée. Dans la file d’attente, j’imagine la lassitude des pauvres caissiers qui, chaque mois, voient un défilé que Michou doit leur envier. Lire la suite

Golden Gai: la ruée vers les bars

Dans le quartier de Shinjuku, se trouve le district de Golden Gai (新宿ゴールデン街), ne voyez pas dans ce nom l’équivalent du marais parisien. Quartier des filles de joie jusqu’à la fin des années 50, celui-ci s’est vite recyclé. Cependant, je pense que la prostitution y existe encore, mais de manière "cachée".

Le concept est simple, sur environ 3600m ² (60mx60m), soit 6 petites ruelles, vous trouverez plus de 200 bars. La taille moyenne d’un débit de boissons est donc d’environ 15m ², de quoi faire rentrer une petite dizaine de clients. Encore faut-il pouvoir faire partie de cette dizaine de clients. Certains n’acceptent que les habitués, et d’autres sont difficiles d’accès pour les gaijins (étrangers).

Comme souvent au Japon, il faut payer entre 5 et 10€ juste pour son siège, et environ la même chose pour la boisson. Le choix de l’établissement est cornélien, devant les différents thèmes et les différentes ambiances. J’ai choisi deux thèmes que les japonais affectionnent particulièrement… Les jeux vidéos, et le SM !

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Le Japon: Flintstones ou Jetstones ?

Lorsque l’on évoque le Japon, nous pensons souvent à la technologie. J’ai d’ailleurs pu le vérifier avant mon départ car on me disait : " tu risques de voir des trucs de fou". Après 3 mois ici, il n’en est rien, je n’ai pas encore vu de chose "moitié homme, moitié robot"

Encore moins d’inventions révolutionnaires. En tout cas, rien qui améliore la vie de tous les jours. Exceptés des gadgets inutiles, je dois dire que je suis un peu déçu. Je pensais trouver un pays high-tech, avec une décennie d’avance sur le vieil hexagone… Il n’est rien de tout ça. Certes les portes des taxis s’ouvrent toutes seules, on peut payer avec son portable, les toilettes vous lavent les fesses, mais ce n’est pas ce que j’appelle le progrès.

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Le gaijin: persona non grata ?

Le Japon n’est pas connu comme une terre d’immigration, les étrangers représentent un peu moins de 2% de la population, contre plus de 10% en France. Je ne vous parle même pas d’obtenir la nationalité. Le droit du sol n’existe pas. J’ai déjà croisé quelques personnes de parents immigrés, qui sont nées ici, qui ont travaillé toute leur vie au Japon, et qui n’arrive pas à obtenir le passeport japonais. Lire la suite

RocketNews: l’info, la vraie !

Rocketnews, créé en décembre 2008, est un site internet d’information sur le Japon, et plus généralement l’Asie. À l’origine, uniquement en japonais, c’est en 2010 que la version anglaise fait son apparition. Tout ça pour notre plus grand plaisir… Sur ce site vous apprendrez  que le capitaine Jack Sparrow travail dans un salon de thé,  que Jésus a couru le dernier marathon de Tokyo, ou encore le melon à la mayonnaise. Bref, du journalisme total. Enfin des choses intéressantes.

Love Joule: le bar à masturbation

Vous en avez certainement entendu parler dans la presse, le Love Joule est le premier bar à masturbation… Enfin, à masturbation, je dirais que c’est le premier bar où l’on peut parler librement de stimulation vaginale, et boire un verre en tripotant un sextoy. Dans ce bar de Shibuya, vous ne verrez pas de filles dévêtues en train de s’amuser avec un de ces engins. Ce genre de lieu, Tokyo en regorge !

L’endroit est chaud et étroit, ne voyez pas ici une analogie au vagin, mais mon ressenti. Pour pénétrer (continuons dans le même champ lexical) dans le lieu, il faut soit être une fille, soit être accompagné d’une fille. En résumé, on veut éviter les grosses otaries bourrées à la bière… Lire la suite

Sur les traces de Jean Reno

Il y a quelques semaines, je me comparais à Jean Reno… Je n’étais finalement pas si loin que ça. Nos points communs sont de plus en plus nombreux, comme lui je suis français, comme lui j’ai désormais une pub japonaise à mon actif, comme lui j’ai joué dans les studios où a été tourné Godzilla, comme lui j’ai porté une tenue ridicule…

Et oui, dimanche matin se déroulait le tournage de la fameuse pub dont je ne peux pas parler avant la diffusion. C’est-à-dire l’année prochaine.

J’ai bien failli ne jamais arriver à ce tournage: panne de réveil ! J’ouvre les yeux, 7h30… j’ai rendez-vous dans 30 minutes. Je laisse tomber le métro, j’opte pour le taxi, 15 km à parcourir en moins de 25minutes.

La plaisanterie me coûtera un peu plus de 40€, mais au moins je suis "presque" à l’heure. Je découvre l’équipe du tournage. Le milieu de la pub est un milieu d’assistants. Je fais connaissance de la maquilleuse, et de son assistante, du coiffeur, et de son assistant, du styliste, et de ses assistantes… il y a bien une cinquantaine de personnes. Lire la suite

Un gaijin lover, chante du "Enka"

Les chansons appelées "enka" au Japon sont appréciées pour les mélodies mélancoliques. Les thèmes abordés sont, en général, les chagrins d’amour ( car oui, les histoires d’amour finissent mal, en général…) et le pays natal ! Celui de Jerome Charles Whites Jr., plus connu au Japon sous le nom de Jero, est celui de l’oncle Sam. Il tiendrait cette passion pour le style "enka" depuis sa plus tendre enfance, de sa grand-mère originaire de Yokohama.

Ce genre de musique était sur le déclin au Japon, et seuls les plus âgés savaient l’apprécier. Tout ça, c’était avant que ce trentenaire américain aux allures du "Prince de Bel-Air", débarque. Je vous laisse apprécier la performance du black le plus populaire de l’archipel.

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